L‘acceptation et le lâcher-prise sont les premiers pas vers la guérison.

 

L‘acceptation et le lâcher-prise

Les gens me demandent souvent quelle est mon histoire et pourquoi j’ai choisi de me spécialiser dans le yoga thérapeutique, en fait je n’ai pas tellement choisi, c’est venu naturellement. La douleur physique et ma maladie ont été pour moi un des plus beaux cadeaux que la vie m’a donné en 2008. On a tendance à confondre douleur et souffrance, deux mots différents et qui peuvent faire la différence entre une vie équanime, heureuse et une vie en souffrance.

J’ai souffert pendant toute mon adolescence du colon irritable et en 2008, j’ai été diagnostiqué du syndrome de fatigue chronique. La nouvelle a été un choc pour moi, je ne comprenais pas ce que cela voulait dire et tous les changements que cela allait mener. J’ai pensé qu’en me reposant un peu j’allais être mieux. J’ai dû prendre quelque temps de repos, mais j’étais incapable de le faire, je ne pouvais pas rester au lit sans rien faire. Mais, pourquoi avais-je tant de misère à me reposer, à lâcher prise? Quand mon corps m’a demandé de m’arrêter parce que je faisais un million de choses à la fois, j’ai réalisé que par mon hyper activité, je cachais quelques souffrances que je ne voulais pas faire face. Mais la vie m’aime tant, qu’elle m’a envoyé ces gros cadeaux, la maladie et le yoga, pour que j’y puisse être en contact avec moi-même et guérir.

Un moment important dans mon voyage au Népal, c’est quand j’ai demandé au Maître en pleurant si mes douleurs physiques allaient arrêter un jour. Avec un visage en paix et avec beaucoup de compassion, il m’a dit : peut-être ça va arrêter, mais ça peut prendre beaucoup de temps. À ce moment-là, j’ai réalisé que je mettais mon attention à la mauvaise place, à arrêter les douleurs physiques, donc à éviter, à résister et à combattre.  En ayant une pratique honnête et authentique, le yoga nous aide à guérir et à lâcher prise.

Le yoga à part de guérir une maladie, nous aide à vivre avec elle, avec la douleur, en paix, avec sérénité, sans souffrance et dans un état de détente. On comprend que la maladie fait partie de la vie, ainsi que les douleurs, la perte d’un emploi, une mauvaise digestion, etc., mais que nous avons le choix d’avancer, de ne pas nous identifier à eux, ni aux émotions. J’ai compris qu’être en santé ce n’est pas juste physique, c’est d’avoir une santé globale, physique, émotionnelle et mentale. Le yoga nous redonne cet équilibre, c’est pour cela qu’on ne peut pas mettre toute notre attention sur le côté physique ou la maladie, parce qu’il donne plus que ça.

Le yoga nous aide à guérir de l’intérieur vers l’extérieur, c’est de se retrouver avec soi-même, de se reconnecter avec notre espace intérieur et surtout accepter la situation telle qu‘elle est, sans se culpabiliser en la vivant pleinement. La vie est faite en sorte qu’on puise vivre toutes les expériences qu’on doit vivre, pour apprendre ce qu’on doit apprendre parce qu’autrement on ne l’aurait pas appris, donc, la mort, la maladie, la naissance et toute autre expérience font partie de la vie et il ne faut pas les éviter si la vie nous les donne en cadeau, parce que de cet évitement naitra la souffrance et l’attachement. La souffrance est un état de mal-être qui vient d’une réaction, d’une sensation reliée à ce qui nous inspire un objet, une personne ou une situation, elle se crée parce qu’on catégorise la vie en deux groupes « aimer » et « ne pas aimer », donc la personne catégorise, réagit, évite, refuse ce qu’elle n’aime pas et cours derrière ce qu’elle aime, voilà le cycle de la souffrance. Le fait de courir vers les choses qu’on aime nous amène vers l’attachement, plus on est attaché, plus la souffrance va être grande si on perd l’attachement en question. Et comme on le sait, rien n’est permanent.

L‘acceptation et le lâcher-prise sont les premiers pas vers la guérison et cela peut s’obtenir par l’observation, être son propre témoin. Elle permet à la personne de se rendre compte comment le mental et l’ego déforment la réalité, font réagir en catégorisant les choses et nous maintiennent dans l’illusion.

L’observation aide à développer l’équanimité, accepter toute chose par égale puise que cela va nous faire évoluer, être égal devant les changements et les humeurs, n’avoir pas d’attente de quelque chose ou d’un résultat, donc on apprend à agir et non pas a réagir. Vivez en arrêtant de conditionner le mental à ce qui pourrait arriver, soyez libre.

Vivez et acceptez la maladie ou toute autre situation. Il faut défaire le sabotage, des fois il faudra vivre les douleurs, ne pas vouloir tout contrôler, ne pas être dans la finalité des choses, les personnes sont trop dans la déduction et mettent les peurs devant et non la réalité, ce qui amène à repousser les expériences créant des conflits et des dualités donc de la souffrance.

Comprendre que personne ne peut influencer le vent, mais on peut toujours apprendre à ajuster les voiles.

Swami Saranyananda

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