Faire le contraire, ça aussi c’est du yoga !

Faire le contraire pour défaire des blocages (yoga)Je m’étais inscrite à une retraite de méditation fermée de 10 jours, cela aurait été ma quatrième fois, j’étais très contente mais je n’avais pas trop réfléchis pourquoi je voulais y aller, j’avais fait presque une obsession. Je suis partie de la retraite après 24 heures en me rendant compte qu’en ce moment ce que j’avais de besoin c’est du repos. Dans la vie, il faut des fois faire le contraire de ce qu’on serait porter à faire pour défaire des blocages très incrustés, je m’explique…

Je vis ma vie comme un militaire, toute ma vie est calculée et organisée sur un agenda, l’heure du levé, du déjeuner, d’aller aux toilettes, de faire ma pratique, tout est calculé. Je devais pratiquer les matins (1h30) et les soirs (1h) sans exception. Tout était compté, les minutes sous la douche, les minutes pour manger et être avec les amis. Personne ne pouvait venir changer les plans. Et oui, vous avez raison, cette rigidité n’est pas du yoga.

Voilà que j’étais très fatiguée, une année très occupée s’acheva bientôt. Et qu’est- ce que j’ai fait, je m’étais inscrite à une retraite de méditation où on médite 10 heures par jours où tout est contrôlé, organisé, l’heure du levé, de méditer, de manger, du repos, tout. J’ai réalisé que j’avais changé d’environnement mais que j’étais en train de nourrir le même pattern de rigidité, de contrôle, d’organisation.

En réalisant tout ça, j’ai senti une liberté, une légèreté et j’ai pris la décision de partir parce que cette retraite pour l’instant nourrissez le pattern, j’ai pris mon ego dans mes bras, je l’ai caressé, parce que ce n’est pas facile de faire un u-turn. En plus, j’étais fatiguée, j’avais besoin de repos, de rien faire et je me suis donnée le droit sans agenda ni plans.

J’avais aussi compris qu’en ayant une vie aussi stricte, des fois je perdais des moments précieux avec les êtres chers. Être fluide, flexible, libre et ouverte c’est de profiter de chaque instant, de changer de trajectoire et de plan. L’amour et les relations se nourrissent des moments de présence, de tendresse, de vérité, de compassions, d’acceptation, de deuil, des rires, etc. Ces moments ne peuvent pas se planifier, se calculer et s’organiser d’avance, comme la vie, ils arrivent à l’improviste, par surprise et il faut les vivre dans l’instant qu’ils apparaissent.

J’ai pris la décision de vivre plus, d’organiser moins ma vie, de donner plus de temps à mon soi profond et à mes êtres chers même si cela implique de changer de plan. Il n’y a pas de réussite ni d’échec dans la vie spirituelle, tout ce qu’il faut c’est d’écouter son cœur, prendre dans ses bras son ego et aller au-delà de la peur. Ce n’est pas parce que vous avez réussi une retraite ou une formation que vous avez réussi votre vie spirituelle. La spiritualité ne se mesure pas, elle se vit dans la vie de tous les jours, seconde après seconde, une respiration à la fois. La flexibilité et l’ouverture ne se voient pas à travers les postures ni à travers les heures de méditation qu’on fait mais bien par la capacité d’apprécier chaque moment dans l’équanimité, l’amour, la compassion et l’improvisation tout en étant capable de changer de trajectoire.

Swami Saranyanada

Comments are closed.