Comment le yoga nous aide à passer à travers les difficultés.

Yoga thérapeutique Montréal

Je suis en train de lire un livre qui s’appelle « Living your Yoga ». Un livre très intéressant sur comment appliquer les fondements du yoga dans nos vies de tous les jours. L’auteur a amené un point très intéressant qui est celui d’accepter que « la vie soit difficile ». Et oui, la vie est difficile, on doit vivre des situations qui nous font ressentir toute sorte d’émotion, de la tristesse à la joie en passant par la colère. On vit de pertes, des gains et en même temps rien ne nous appartient.

Oui, en réalisant que la vie est difficile, on s’enlève en poids sur les épaules, on n’est plus obligé de jouer la comédie ou de se forcer à que tout doit absolument bien aller. Mais non, des fois dans la vie, les choses ne vont pas bien et c’est très correct.

Pourquoi c’est correct? Parce comme on le sait, rien n’est permanent, tout naît et disparaît, donc mon émotion et la situation passeront, évolueront et ne resteront pas les mêmes. À partir de là, on peut faire des changements concrets, être dans l’action ou simplement rester passive, mais dans les deux cas, on doit observer ce qui se passe et se qui change à l’intérieur de nous et bien sûr l’accepter. Ce qui ne change pas et c’est ça qui cause souffrance, c’est ma perception de la situation, c’est ma croyance de moi-même et des choses, ainsi que ma rigidité. Il y a même de la performance à toujours être heureux, quelle pression énorme on se crée! Cela m’arrive souvent dans certains privés en yoga thérapeutique de travailler ceci avec les personnes et les amener à accepter que leur situation ne soit pas facile, c’est le premier pas vers la guérison et surtout arrêter cette performance et cette quête de la vie parfaite.

Une anecdote, quand j’étais au Népal en train d’étudier, je sortais de l’école avec mon amie népalaise, on marchait jusqu’à l’arrêt d’autobus ensemble. Elle me parla de la préparation de son mariage et de comment sa vie allait changer de A à Z. C’est très différent de notre vie occidentale. Quand une fille se marie, elle devient famille de son mari et ne peut plus voir sa mère qu’avec seulement la permission de sa belle-mère et tout ce qu’elle fera ensuite devra aussi être avec sa permission. Quand, j’ai su cela, j’ai été un peu choquée parce que moi je veux voir ma mère quand cela me tente et je lui ai expliqué cela. Et là, elle m’a dit quelque chose qui a changé ma perception sur beaucoup des choses, sur comment on se crée sa souffrance et comment on choisi d’être heureux. Elle m’a dit : « tu sais quoi Antonella? Dans la vie on doit s’adapter à toutes les situations, tout change, les choses ne sont pas toujours comme on le veut, c’est tout. »  Je suis restée gelée sur place parce que j’ai senti que cela est venu du cœur, de son vécu, en parlant du « on le veut », mon amie se référé à l’ego, au je, moi, et mien.

Ces gens-là, ainsi que les gens d’autres pays pauvres ont une grande capacité de résilience, à s’adapter à un environnement changeant, j’ai pu remarquer cela pendant mon voyage. J’ai connu des familles qui venaient de perdre un membre de leur famille, mon amie qui quittait sa famille pour aller chez ses beaux parents, des enfants pauvres qui travaillaient donc qui n’étudient pas, mais dans tous ces cas, l’acceptation était là, même s’ils vivaient des situations difficiles et là, ils étaient même capable de rire.

Cependant, nous ici en occident, on résiste, on est rigide, on n’observe pas, on ne prend pas le temps de vivre ce qui est et on veut que tout soit comme mon « Moi » le veut. On vit à la vitesse de l’éclair, on cherche un remède extérieur et on a beaucoup de misère à communiquer ses sentiments et à dire, je vis une situation difficile, ma vie est difficile.

Le yoga nous aide réaliser que la flexibilité n’est pas physique, mais bien mentale et émotionnelle. C’est comment on agit, comment on choisi de voir les choses et comment on choisi de se laisser emporter par le tourbillon de l’émotion, qui va faire la différence. Oui, nous choisissons de réagir d’une certaine façon, nous choisissons notre clan celui de l’observation ou celui de la réaction, celui de laisser la vie passer sans se rendre compte ou de jouer activement et consciemment. Nous choisissons d’être heureux, mais surtout nous choisissons de vivre simplement en assumant toutes les émotions. S’assumer tel que l’on est sans censure et sans honte en célébrant tout même la tristesse et les temps difficiles parce que ça aussi ça passera.

Swami Saranyananda

Photo: by ronada.com (Creative Commons rights)

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