Apprendre à gérer les causes des blessures dans la pratique du yoga.

postures dans le yoga

Une pratique abusive et sans conscience des postures dans le yoga peut amener à un mauvais alignement, aux blessures et à la douleur chronique.

Depuis les derniers jours, je suis tombée sur plusieurs articles qui parlent des blessures causées par la pratique de yoga ou des postures « asanas », surtout par la pratique excessive et sans respect du corps. Le yoga comme nous le savons, apporte beaucoup des bénéfices et les médecins commencent de plus en plus à le recommander. Mais, pourquoi toutes ces blessures? C’est quoi le problème? Est-ce que c’est le yoga ou nous?

C’est la façon dont nous approchons le yoga et le pratiquons, qui est le problème et non pas cette philosophie millénaire. Une pratique abusive et sans conscience des postures peut amener à un mauvais alignement et à la douleur chronique.

Nous vivons dans une société de surconsommation, de vitesse, de performance où la perfection domine et où prendre son temps n’est pas bien vu. C’est dans ce contexte que les gens pratiquent le yoga, ils l’approchent de la même façon qu’ils approchent l’entraînement au gym, la performance au travail et la surconsommation des produits. Les gens veulent plus et plus, veulent exécuter des postures très difficiles sans penser aux conséquences physiques, c’est-à-dire les blessures. Ils oublient souvent que les postures sont une petite partie du yoga.

Le yoga est universel, pour tout le monde sans distinction de sexe, de nationalité, d’âge ou de condition de santé, il a été découvert il y a plus de 5 000 mils ans en Inde. Le mot yoga signifie « union » et renvoie à l’idée fondamentale du yoga : l’union du corps et du mental, de la conscience individuelle avec la conscience universelle. L’objectif ultime étant la découverte de l’éveil en changeant nos perceptions à travers des exercices physiques, de respiration, de retrait de sens, de concentration ou de méditation, qui nous permettront de contrôler notre corps et les fluctuations de la pensée, assagir notre mental pour ainsi voir le monde tel qu’il est sans illusion, sans qu’il soit influencé par nos blocages émotionnels.

Là où réside le problème ce que nous voulons pratiquer le yoga comme le pratiquaient ou peuvent le pratiquer les Indiens! Voilà que nous n’avons pas les mêmes corps, ni la même culture ni le même mode de vie. Les Indiens et plusieurs autres peuples asiatiques mangent au sol, beaucoup de femmes cuisinent et font la lessive accroupie, leurs hanches sont ouvertes, leurs dos plus droits, plus souples et plus forts. Donc, au moment d’exécuter ces postures, leurs corps les assimilent très bien et ne se blessent pas.

Les occidentaux de l’autre côté, passent en majorité 8 heures assis sur une chaise au travail et non pas avec la meilleure posture, bougent en moyenne moins de deux heures par jour et là, ils veulent en quelques mois ou quelques années exécuter des postures comme sur les photos des livres ou comme les Indiens. Tout de suite les jambes derrière la tête, des extensions extrêmes ou des flexions avec le dos très rond, plus loin, plus loin, pousser et pousser jusqu’à se blesser. Voilà en majorité ce qui peut se passer, chose contraire avec la philosophie du yoga, surtout avec « Ahimsa » la non-violence, ne pas se faire violence. Peut être, les gens ont l’impression que plus tu vas loin plus éveiller tu deviens, qui sait?

Les accessoires de yoga ont été inventés pour une bonne raison, pour que le corps puise s’adapter à la posture ou mieux encore pour que la posture puise s’adapter à chaque individu, pour ne pas se faire violence et avancer avec beaucoup de patience, de douceur et d’amour.

Pour avoir une bonne pratique avec le moins de risque possible, nous devons considérer l’alignement postural et la fonction articulaire naturels, plutôt que de suivre aveuglément une liste de postures traditionnelles et les défis de boot camp yoga. La pratique des postures doit vous aider à exécuter avec aisance vos activités journalières.

Pour une évolution sans danger, nous devons utiliser la pensée critique, le discernement et le simple bon sens biomécanique. Une posture devrait permettre à la colonne vertébrale de maintenir ses courbes naturelles, de ne pas dépasser les limites des articulations et de ne pas limiter la capacité à prendre des respirations profondes. Posez-vous la question, en laquelle cette posture peut m’aider dans ma vie de tout le jour.

Il faut prendre du recul, lire la philosophie et prendre le temps de l’expérimenter, comprendre pourquoi nous faisons les « asanas » (postures) ou les «pranayamas» (exercice de respiration), quelle est notre motivation première. Le yoga va au-delà du physique, ça va du plus grossier (le physique) jusqu’au plus subtil (les cellules, mais aussi le corps mental et émotionnel). Et avec beaucoup de patience et du temps, la transformation aura lieu, d’abord de l’intérieur et après de l’extérieur. Il faut accueillir le yoga avec des nouvelles lunettes autres que celle de la performance, l’exhibitionnisme et de la course effrénée pour la meilleure posture.

Essayez de vous accueillir et de vous accepter tel que vous êtes, tel que votre corps est. Adaptez chaque posture, ne regardez pas ce que les autres font, respirez, prenez le temps, explorez et ressentez. Donnez- vous l’opportunité d’être vous-même. N’oubliez pas que la respiration est la base, elle doit être le centre de votre pratique et n’oubliez pas la relaxation!

Sthirasukham âsana.

« Est une posture ferme et agréable où il y a équilibre entre effort et détente, faire et lâcher-prise. » Yoga sutra II.46

Swami Saranyananda

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